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École Mathias Grünewald — pédagogie steiner-waldorf Les Temps modernes 11e classe · Histoire
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1. La périodisation 2. Les Grandes Découvertes 3. Les Conquistadors 4. La controverse 5. L'Humanisme 6. La réforme protestante · à venir 7. Les guerres de religion · à venir 8. Les Lumières · à venir 9. Les révolutions anglaises · à venir 10. La révolution américaine · à venir
Crédits iconographiques
Chapitre 5 · Document — extraits

Jean Pic de la Mirandole

1463-1494

Portrait de profil de Jean Pic de la Mirandole
Ioan. Picus Mirandula — portrait anonyme, Florence.

Jean Pic de la Mirandole (Giovanni Pico della Mirandola), qui se faisait aussi appeler comte de la Concordia — la Concorde — né à Mirandola le 24 février 1463 et mort le 17 novembre 1494 à Florence, est un philosophe et théologien humaniste italien, troisième fils d'une vieille famille comtale.

À la recherche de la prisca theologia — la théologie première exposée par les Anciens — il étudia et synthétisa les principales doctrines philosophiques et religieuses connues à son époque, notamment le platonisme, l'aristotélisme et la scolastique. Jeune héritier d'une fortune considérable, il eut le loisir d'étudier et de voyager à sa guise, et consacra sa vie au savoir.

Néoplatonicien et adepte de la philosophie naturelle, il fut élève de Marsile Ficin, poète et philosophe italien. Pic de la Mirandole voulut effectuer une synthèse d'Aristote et de Platon à partir de la foi chrétienne, ou encore concilier arts libéraux, philosophie morale et théologie — ce qui lui valut d'être considéré comme hérétique par le pape Innocent VIII.

« De la dignité de l'homme » (1486)

« (…) En fin de compte, le parfait ouvrier décida qu'à celui qui ne pouvait rien recevoir en propre serait commun tout ce qui avait été donné de particulier à chaque être isolément. Il prit donc l'homme, cette œuvre indistinctement imagée, et, l'ayant placé au milieu du monde, il lui adressa la parole en ces termes :

“ Si nous ne t'avons donné, Adam, ni une place déterminée, ni un aspect qui te soit propre, ni aucun don particulier, c'est afin que la place, l'aspect, les dons que toi-même aurais souhaités, tu les aies et les possèdes selon ton vœu, à ton idée. Pour les autres, leur nature définie est tenue en bride par des lois que nous avons prescrites : toi, aucune restriction ne te bride, c'est ton propre jugement, auquel je t'ai confié, qui te permettra de définir ta nature.

Si je t'ai mis dans le monde en position intermédiaire, c'est pour que de là tu examines plus à ton aise tout ce qui se trouve dans le monde alentour. Si nous ne t'avons fait ainsi, c'est afin que, doté pour ainsi dire du pouvoir arbitral et honorifique de te modeler et de te façonner toi-même, tu te donnes la forme qui aurait eu ta préférence. Tu pourras dégénérer en formes inférieures, qui sont bestiales ; tu pourras, par décision de ton esprit, te régénérer en formes supérieures, qui sont divines. ” »

Jean Pic de la Mirandole, Discours sur la dignité de l'homme, 1486
Questions
  • Qu'est-ce qui distingue l'homme de tous les autres êtres, selon ce texte ?
  • Pourquoi l'homme est-il placé « au milieu du monde » et « en position intermédiaire » ?
  • La dernière phrase énonce deux possibilités opposées : que suppose-t-elle sur la liberté humaine — et sur la responsabilité ?
  • Comparez avec la lettre de Gargantua : quelle idée de l'homme les deux textes partagent-ils ?