Érasme de Rotterdam
1467-1536

Érasme, également appelé Érasme de Rotterdam (Desiderius Erasmus Roterodamus), né en 1467 à Rotterdam et mort le 12 juillet 1536 à Bâle, est un chanoine régulier de saint Augustin, philosophe, humaniste et théologien des Pays-Bas bourguignons, considéré comme l'une des figures majeures de la culture européenne.
Il reste essentiellement connu aujourd'hui pour sa declamatio satirique Éloge de la folie (1511), ainsi que pour des essais et des traités sur un très grand nombre de sujets — sur les problèmes de son temps comme sur l'art, l'éducation, la religion, la guerre ou la philosophie : un éclectisme propre aux préoccupations d'un auteur humaniste.
« Sur l'éducation » (1529)
« Il faut former les enfants à la vertu et aux lettres dans un esprit libéral, et cela dès la naissance… (quant aux châtiments corporels)… ce genre de formation, d'autres l'approuvent ; moi je ne pousserai jamais à faire ainsi quiconque voudra que son enfant soit éduqué dans un esprit libéral. Il est vrai que la méthode ordinaire est plus économique, car il est plus facile à un seul de contraindre plusieurs par la crainte que d'en former un seul à la liberté.
Mais ce n'est rien de grand de commander à des ânes ou à des bœufs. C'est former des êtres libres dans la liberté qui est à la fois difficile et très beau. Il est digne d'un tyran d'opprimer des citoyens dans la crainte ; les maintenir dans le devoir par la bienveillance, la modération, la sagesse, cela est digne d'un roi. »
Érasme, Sur l'éducation, 1529
« Préface à la traduction du Nouveau Testament » (1516)
« Je suis tout à fait opposé à l'avis de ceux qui ne veulent pas que la Bible soit traduite en langue commune pour être lue par des gens du peuple, comme si l'enseignement du Christ était si voilé que seule une poignée de théologiens pouvaient le comprendre, ou comme si la religion chrétienne se fondait sur l'ignorance.
Je voudrais que les plus humbles des femmes lisent les Évangiles, les Épîtres de Paul. Puisse ce livre être traduit dans toutes les langues, de sorte que les Écossais, les Irlandais, mais aussi les Turcs et les Sarrasins soient en mesure de le lire et de le connaître (…) Puisse le paysan au manche de sa charrue en chanter les louanges, le tisserand à ses navettes en moduler quelques airs, ou le voyageur alléger la fatigue de sa route avec ses récits. »
Érasme, préface à sa traduction du Nouveau Testament, 1516
- Quelle méthode d'éducation Érasme refuse-t-il, et au nom de quoi ?
- Que signifie « former des êtres libres dans la liberté » ? En quoi est-ce une idée humaniste ?
- Pourquoi vouloir traduire la Bible en langue commune est-il, à l'époque, une position risquée ?
- Rapprochez le second texte de ce que la fiche de cours dit des langues vernaculaires et de l'imprimerie.