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École Mathias Grünewald — pédagogie steiner-waldorf Les Temps modernes 11e classe · Histoire
Sommaire
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Chapitres
1. La périodisation 2. Les Grandes Découvertes 3. Les Conquistadors 4. La controverse 5. L'Humanisme 6. La réforme protestante · à venir 7. Les guerres de religion · à venir 8. Les Lumières · à venir 9. Les révolutions anglaises · à venir 10. La révolution américaine · à venir
Crédits iconographiques
Chapitre 3 · Fiche de cours

Les Conquistadors

Conquête, colonisation et commerce intercontinental

Le « nouveau monde » est peuplé de non moins de 80 à 100 millions d'individus au moment où les Espagnols y mettent les pieds.

Il contient de grandes civilisations telles que les Aztèques, vers le sud du Mexique actuel, et les Incas, dans les Andes du Pérou.

La conquête des grands empires

Portrait de Hernán Cortés
Hernán Cortés (1485-1547).

Les Aztèques ont leur propre système de croyances, basé sur une fin du monde imminente. Leur royaume est organisé autour de grandes villes — 200 000 habitants dans la capitale Tenochtitlán — hébergeant une population de plus de 20 millions lors de l'arrivée, en 1519, du conquistador Hernán Cortés. Celui-ci débarque avec seulement 450 hommes, mais aussi des canons, des chevaux et des chiens. Pourtant, il parvient à soumettre la grande civilisation aztèque en moins de trois ans.

La supériorité technologique seule ne suffit pas à expliquer cette victoire. Bien que les Aztèques ne connaissent ni la roue ni la métallurgie, les conquistadors usent de ruse : ils font alliance avec les peuples locaux rivaux ou sous domination aztèque pour équilibrer le rapport numérique — par exemple les Tlaxcaltèques. Ils capturent aussi souvent le chef adverse pour gouverner à travers lui ou exercer un chantage : c'est la capture de Moctezuma II par Cortés.

Portrait de Francisco Pizarro
Francisco Pizarro (v. 1478-1541).

Ainsi Francisco Pizarro parvient à soumettre les Incas avec seulement 180 hommes, entre 1531 et 1534. Le chef, Atahualpa, est leurré et capturé dans un piège. Les Incas sont également nombreux — plus de 10 millions — et constituent une civilisation avancée dans certains aspects : construction d'un réseau routier de 30 000 km, agriculture en terrasses, stockage avancé, etc. Pourtant, dans le cas des Aztèques comme des Incas, la conquête espagnole est rapide et violente.

Site inca du Machu Picchu dans les Andes
Le Machu Picchu : un témoignage du savoir-faire inca en matière de construction et d'agriculture en terrasses. Photo Martin St-Amant, CC BY-SA 3.0.

« Gold, God, Glory » : les motivations

Les motivations des conquistadors peuvent être résumées par ces trois mots anglais : « Gold, God, Glory ».

  • Gold — Ce sont d'abord les perspectives de richesse qui les attirent aux Amériques : le mythe de l'Eldorado et des cités d'or.
  • God — Alors que la péninsule Ibérique sort de 700 ans de conflit avec les Arabes musulmans, ils baignent à la fois dans un esprit guerrier et une volonté de convertir les populations qu'ils rencontrent ; en somme, un esprit proche des croisades. L'évangélisation des Amérindiens est donc une des motivations.
  • Glory — S'y ajoute la recherche de la gloire et d'un statut social.

En effet, certains colons en bonne vue de la couronne pouvaient devenir « encomendero » et se voir prêter l'administration de terres organisées sous forme « d'encomiendas », un système colonial qui leur permettait d'exploiter les Amérindiens. Bien que légalement non considérés comme « esclaves », le travail forcé de ces derniers était monnaie courante, notamment pour l'exploitation des mines d'argent.

Le choc microbien et l'effondrement démographique

Les conséquences de la rencontre sont dramatiques pour les Amérindiens car, en plus de la soumission et des massacres, ils subissent un violent choc microbien qui les décime presque intégralement, du fait de maladies européennes importées auxquelles leur système immunitaire n'était pas préparé : variole, grippe, typhus, rougeole, diphtérie, coqueluche.

Un effondrement sans équivalent

Les Aztèques ne sont plus que 1 à 2 millions vers 1605, et les Incas entre 1 et 1,5 million : c'est près de 80 % de la population qui disparaît, dans le plus grand effondrement démographique de l'Histoire.

La première mondialisation

Cette mortalité a pour conséquence l'importation d'une autre main-d'œuvre sur le nouveau continent : la population noire, depuis l'Afrique. Ainsi se met en place le système du commerce triangulaire, au sein duquel circulent de nombreux biens et personnes ; on importe ce qui n'existe pas en Europe, et inversement — découverte des tomates, du maïs, des pommes de terre, des fruits tropicaux, etc.

C'est la première mondialisation : l'océan Atlantique devient une interface d'échange. Il y a même la première monnaie internationale qui circule dans le monde, acceptée jusqu'en Chine — la « pièce de huit » — grâce à la quantité stable d'argent qu'elle contient (27 g), puisé dans les mines des Amériques, notamment celle du Potosí, près de la Bolivie actuelle.

On peut parler de mondialisation aussi par l'échange de populations : le cosmopolitisme apparaît dans les grands ports d'Espagne et du Portugal, où la population se mélange — le métissage. Lisbonne héberge près de 10 % d'Africains vers la fin du XVe siècle.

Repères chronologiques
  • 1519Cortés débarque au Mexique avec 450 hommes.
  • 1521Chute de Tenochtitlán : l'empire aztèque est soumis en moins de trois ans.
  • 1531-1534Pizarro soumet l'empire inca avec 180 hommes ; capture d'Atahualpa.
  • v. 1605Les populations aztèque et inca ont perdu près de 80 % de leurs effectifs.